
Une tortue dans le désert du souvenir
Pour ce deuxième mot de l’exposition, j’ai choisi de représenter l’âge à travers une tortue avançant lentement dans un désert doré.
Sur l’image, elle dit :
« À mon grand âge, j’ai connu l’odeur des arbres désormais disparus. »
Cette phrase contient à la fois la mémoire, le regret et la sagesse.
La tortue, souvent symbole du temps et de la longévité, devient ici gardienne d’un monde révolu, du souvenir du monde vivant.
Elle avance encore, même si le paysage autour d’elle s’est transformé. Le sol qui fut autrefois couvert d’arbres.
Elle porte dans sa carapace la mémoire de la nature.
Son message est clair : tout ce que nous faisons à la Terre laisse une trace.
La tortue, mémoire du vivant
Pourquoi une tortue ?
Parce qu’elle traverse le temps à sa manière.
La tortue est connue pour sa lenteur, mais c’est une lenteur pleine de sens.
Elle vit longtemps, parfois plus de 150 ans, et traverse les époques sans se presser.
Elle observe le monde changer : les forêts qui brûlent, les océans qui montent, les paysages qui s’assèchent.
Elle avance malgré tout, portant dans sa carapace la mémoire d’une planète qu’elle a connue plus verte, plus vivante.
Dans mon dessin, cette tortue n’est pas seulement un symbole du temps : elle est la conscience écologique du monde.
Sa phrase évoque les forêts disparues, les arbres abattus, les écosystèmes effacés par la main humaine.
C’est une manière poétique de dire : nous sommes en train d’oublier ce que nous aimions.
Cependant, j’ai voulu que la lenteur symbolisée par la tortue soit aussi une forme de sagesse : avancer doucement, sans oublier.
Dans un monde où tout s’accélère, la tortue rappelle que le temps est aussi une expérience intérieure, un chemin vers soi et vers la mémoire du monde.
La lenteur comme acte de résistance
Face à l’urgence climatique, tout va trop vite.
Notre rythme de consommation, de production, de destruction, s’oppose à celui de la nature.
La tortue, en marchant lentement, nous rappelle qu’il faut ralentir pour comprendre, observer avant d’agir, et surtout agir avec soin.
L’âge ici devient une sagesse écologique : celle d’apprendre du passé, de regarder les conséquences de nos gestes, de se souvenir avant d’oublier.
Partie pédagogique : agir pour la Terre (à lire avec les enfants)
Comprendre ce que la tortue veut dire
La tortue dit qu’elle a connu les arbres disparus.
Cela veut dire que la nature change à cause de nos actions :
- On coupe trop d’arbres, souvent pour faire de la place à des cultures ou des villes.
- Les forêts brûlent à cause du réchauffement climatique.
- Les animaux perdent leur maison, et certains disparaissent pour toujours.
Mais ce n’est pas une fatalité : nous pouvons agir, ensemble.
Ce que chacun peut faire
Même les plus jeunes ont un rôle à jouer.
Voici quelques gestes simples, mais puissants :
- Planter un arbre ou une fleur : c’est un acte de réparation et d’espoir.
- Ramasser ses déchets lors d’une promenade.
- Limiter le plastique et préférer les objets durables.
- Respecter les animaux et les insectes, même les plus petits ou ceux qui font peur.
- Éteindre les lumières inutiles pour économiser l’énergie.
- Parler autour de soi de ce qu’on peut faire pour protéger la nature.
Chaque action compte. La tortue avance doucement, mais chaque pas construit l’avenir.
Devenir gardien du vivant
Être un « gardien du vivant », c’est prendre soin de ce qui nous entoure.
C’est comprendre que la Terre n’est pas un objet, mais un être vivant.
Les arbres, les rivières, les animaux font partie d’une grande famille — et nous en faisons partie aussi.
La tortue nous enseigne la patience du changement : ce n’est pas en un jour qu’on sauvera la planète, mais en marchant tous dans la même direction.
L’âge, la mémoire et l’espérance
L’âge n’est pas seulement une mesure du temps : c’est la somme des expériences.
La tortue nous rappelle que vieillir, c’est aussi apprendre à transmettre.
Son témoignage, c’est celui d’un monde ancien qui parle encore — si nous voulons bien l’écouter.
L’odeur des arbres disparus, c’est peut-être celle des souvenirs qu’il nous reste à protéger.
L’âge, c’est le temps qu’il nous reste pour agir, pour réparer, pour aimer le vivant autrement.
L’âge n’est pas seulement une mesure, c’est un voyage.
🪶 Cet article fait partie d’une série autour des douze mots proposés pour l’exposition : une exploration libre et poétique du langage, de la nature et du temps.
